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Saturday, August 29, 2015

Ma correspondance avec les candidat-e-s aux élections fédérales dans ma circonscription, deuxième partie


Depuis mon dernier affichage, j’ai essayé de rejoindre plus de candidats. Le 27 août j’ai trouvé l’adresse courriel de Mme. Bouchard sur le site du Bloc Québécois; je lui ai donc fait parvenir ma lettre. Pas de chance en ce qui concerne M. Dauphin; j’ai donc eu à utiliser le formulaire du Parti Conservateur pour demander comment le rejoindre. M. Dusseault du NPD n’a toujours pas répondu à ma missive; j’ai envoyé ma lettre à une nouvelle adresse fournie par un adjoint parlementaire, et si je n’obtiens toujours pas de réponse, je vais lui apporter à son bureau de campagne la prochaine fois que je passe au centre-ville.

Le candidat libéral Tom Allen a répondu à mon courriel en dedans de quatre jours. Le 19 aout, Mr. Allen et moi nous sommes entretenus au téléphone pendant près d’une heure. Il fut extrêmement poli; non seulement il prit le temps d’expliquer les politiques de son parti, il témoigna également de l'intérêt sincère pour ma perspective de la situation politique, économique et culturelle de Sherbrooke. Malgré la différence de nos vécus, son ton ne fut jamais condescendant.

J’ai rempli quatre pages de notes, mais celles-ci seraient difficiles à résumer compte tenu du caractère informel de notre entretien. Je vais donc essayer de faire une synthèse de ces informations en quatre sections. Sous les trois premières rubriques, je vais regrouper les éléments de notre conversation qui répondent aux questions de ma lettre. Sous la quatrième rubrique, je vais présenter d’autres sujets dont nous avons discutés. Je conclurai avec mon opinion des idées dont M. Allen m’a fait part.

1. En quoi est-ce que le Parti Libéral du Canada constitue l’option la plus avantageuse pour le développement durable?
Tout au long de notre conversation, M. Allen tenta d’éviter de critiquer les autres partis afin de se concentrer sur les enjeux de la campagne – une attitude que je considère tout à son honneur. Il ne put cependant s’empêcher de remarquer que « les conservateurs sont sur la mauvaise voie » en ce qui a trait à l’environnement. M. Allen considère que le Canada devrait faire plus pour rencontrer les objectifs de réduction des GES stipulés par les traités internationaux; plus de fonds devraient par ailleurs être alloués au développement d’énergies renouvelables et à l’électrification des transports. Cela étant dit, les libéraux entendent certainement trouver l’équilibre entre protéger l’environnement et favoriser le développement économique. Bien que Mr. Allen croit que c’est dans le meilleur intérêt du Canada de faire en sorte que les produits pétroliers parviennent à leurs marchés, il considère que la décision du gouvernement de permettre l’exploitation ou le transport de telles ressources requière la permission des communautés affectées.

Le candidat libéral souligne que les règles encadrant le transport de matières dangereuses doivent être renforcées.

2. En quoi est-ce que le Parti Libéral du Canada constitue la meilleure option pour garantir que les intellectuels puissent vivre de leur important travail?
 Je fus particulièrement rassuré d’apprendre que Tom Allen apprécie les sciences humaines, allant jusqu’à qualifier ces disciplines de « ce qui permet aux gens de se créer. » M. Allen est très sensible au problème du sous-financement de l’éducation post-secondaire – il peut très bien décrire les conséquences de ce sous-financement sur l’accès des étudiants à leurs éducateurs. Il ne croit pas que l’université soit particulièrement mal gérée; s’il admet que certaines dépenses sont superflues, il nie qu’il y en ait plus en Éducation que dans n’importe quel domaine public. Si la chance se présentait, le candidat libéral recommanderait à Mr. Couillard de réinvestir en éducation. Bien qu’il pense que ce réinvestissement nécessiterait une hausse des frais de scolarité, il remarque que toute hausse doit être accompagnée d’une augmentation proportionnelle des prêts étudiants.

M. Allen m’a également confié qu’un gouvernement libéral ferait en sorte que le financement de Radio Canada soit ramené à un niveau adéquat.

3. En quoi est-ce que les politiques économiques du Parti Libéral du Canada peuvent être considérés comme des solutions viables et factuelles?
Tout au long de notre conversation, le candidat libéral ne cessât de souligner l’importance de la classe moyenne en tant que force motrice de l’économie. Faire en sorte que la classe moyenne ait plus de revenu disponible afin d’encourager la consommation est la priorité numéro 1 du parti libéral ; pour rencontrer cet objectif, les libéraux ont planifié une réduction d’impôt de 2% pour le pallier $40k-90k, une réduction que le pallier $400k+ aurait à compenser. Un gouvernement libéral consoliderait par ailleurs divers bénéfices familiaux en un seul programme exempt d’impôt.

Tom Allen m’a affirmé qu’il y a 27 000 jeunes diplômés dans la région de Sherbrooke pour qui la ville n’a pas grand-chose à offrir. Pour remédier à cette carence d’opportunité d’affaires, un gouvernement libéral favoriserait le partenariat avec les niveaux provinciaux et municipaux afin d’améliorer les infrastructures. Ces partenariats pourraient donner lieu à des programmes de subventions, notamment pour les petites entreprises, mais aussi pour les projets technologiquement innovant à l’intérieur de plus grandes entités (dont les universités de Sherbrooke).

 M. Allen croit que l’aéroport de Sherbrooke devrait faire l’objet d’un plus grand intérêt : que son équipement devrait être amélioré afin qu’il puisse obtenir un plus haut degré de certification (pour accueillir plus de trafic et de plus gros avions). Un gouvernement libéral encouragerait un réinvestissement dans le logement social ainsi que dans les programmes favorisant l’intégration de la population immigrante qui demeure sous-employée à Sherbrooke.

4. Autres sujets
M. Allen prit la peine de souligner l’importance de la consultation dans la philosophie libérale de gouvernance. Lors d’un de ses rares épisodes d’âpreté, il me fit part de sa frustration par rapport au refus d’Harper de s’asseoir avec les premiers ministres provinciaux.

Je fus surpris d’apprendre que le processus d’élaboration de politiques prend la forme de comités locaux qui créent des projets, souvent en consultation avec des experts, avant de faire leurs recommandations auprès de la direction du parti. Ne m’étant jamais penché sur la question, j’avais toujours supposé que le processus d’élaboration de politiques fédérales devait se faire « par en haut. » Quand je lui demandai comment les différents sont résolus au niveau fédéral, M. Allen préféra ne pas aventurer de réponses, avouant candidement ne pas avoir été impliqué dans ces étapes du processus.

À un certain point de la conversation, M. Allen me demanda si je considère que l’éducation post-secondaire est un droit ou un privilège. Bien que M. Allen croit que le gouvernement a la responsabilité de faire en sorte que l’éducation post-secondaire se fasse dans les meilleures conditions possibles, il recommande aux étudiants d’assumer une plus grande part des coûts de leur réussite académique.

5. Conclusions
Je suis en désaccord avec M. Allen en ce qui a trait aux enjeux environnementaux. Je ne crois pas qu'il soit possible d'équilibrer exploitation des ressources pétrolières et développement durable. Le FMI a déjà déterminé que les carburants fossiles sont un cul-de-sac économique. Il n’est pas suffisant de réduire nos émissions ou de réattribuer une partie des subventions des industries polluantes; il est aberrant qu’aucun des principaux partis n’ait suggérer que nous cessions toutes ces émissions et annulions toutes ces subventions. On ne peut faire une utilisation durable des carburants fossiles.

J’aurais bien aimé avoir la présence d’esprit de remarquer que la question de l’éducation – à savoir  s'il s'agit d'un droit ou d'un privilège – est tendancieuse. L’éducation est un projet civilisationnel. Les sociétés technologiquement et économiquement avancées ont passé le stade où la majorité de leurs citoyens doivent travailler à la production de biens et à l'administration de services. Ce n’est pas une thèse communiste; c’est un fait démographique. Nos systèmes économiques ont de moins en moins de rapport avec les moyens de production; le lien entre le travail et le capital est extrêmement ténu. La productivité ayant été substantiellement augmentée par l’automatisation, la main d'oeuvre disponible dépasse largement nos besoins. Autrement dit : le bas niveau de vie des sociétés technologiquement avancées est entièrement attribuable à la désorganisation économique, un problème qui devrait avoir une solution politique. Lorsque nous aurons effectivement émancipé la majeure partie de la population des systèmes ploutocratiques (comme c’est déjà le cas pour nos concitoyens les plus privilégiés), l’éducation devra être envisagée comme l’alternative la plus viable au travail conventionnel – c’est-à-dire : l’activité la plus susceptible d’encourager le développement de valeurs humanitaires à travers l’avancement de la science et des arts. L’éducation est un but en soi, non pas une étape vers l’emploi dans le monde corporatif.

Bien qu’il n’y ait aucun doute dans mon esprit que M. Allen est un homme compétent et plein de bonne volonté – un politicien sincèrement dévoué à l’amélioration des conditions de vie de ses concitoyens – ma conversation avec lui ne m’a pas donné de raison de réévaluer ma conviction que nos systèmes économiques sont peu susceptibles de résoudre (et plutôt certain d’exacerber) les problèmes de la dégradation de l’environnement et de la pauvreté. Il est vrai que d’exiger la sortie de l’âge pétrolier et du capitalisme conventionnel est peut-être trop en demander au Parti Libéral du Canada, mais c’est tout de même ce que je considère nécessaire.

Thursday, August 27, 2015

My correspondence with Sherbrooke’s federal elections candidates, part II


Since my last post I have looked for opportunities to get in touch with more candidates. Today I found Ms. Bouchard’s e-mail on the Bloc Québecois’ website, and so I promptly sent her my letter. I have still not had any luck with Mr. Dauphin; I have had to use the Conservative Party’s contact form to ask for a means to get in touch with him. Mr. Dusseault of the NDP has not yet responded to my letter; I will e-mail him again today, and should I fail to obtain a response, I will deliver the letter to his campaign offices the next time I pass through downtown.


(In Mr. Dusseault’s defence: the last time we exchanged e-mails, I wrote back with advice on his syntax. I now understand this was rather rude of me, and I can see why he would be reluctant to reply.)

As for Liberal candidate Mr. Tom Allen, he responded to my e-mail within four days. On August 19th, we had an hour-long phone conversation. He was exceedingly polite, not only taking time to explain his party’s policies but also showing genuine interest in my own perspective on Sherbrooke’s political, economic and cultural situation. Despite our differences in life experience, his tone was never patronizing.

Though I did manage to take four pages of notes, these would be difficult to summarize on account of the free-flowing nature of our exchange. I will do my best to synthesize this information in four sections. For the first three headings, I will try to piece together answers to the questions of my letter. Under a fourth heading, I will present other topics we discussed; I will subsequently conclude with some of my own opinions on the views Mr. Allen shared with me.


1. In what way does the Liberal Party of Canada constitute the most advantageous option for sustainable development?
It is much to Mr. Allen’s credit that throughout our conversation, he would always avoid criticizing the other parties’ performance in order to focus the conversation on issues (and not people). Regarding the environment however, Sherbrooke’s Liberal candidate could not help but point out that “the Conservatives are not on the right path.” Mr. Allen considers that Canada should do more towards meeting the objectives of international GHG-reduction agreements; more funding should also be allocated for the development of renewable energies and the electrification of transports. That being said, the Liberal position is very much an attempt to strike that elusive balance between protecting the environment and favoring economic growth. While Mr. Allen believes it is in Canada’s best interest that petroleum products find their way to their markets, he considers that the government’s decision to allow the exploitation or transportation of such resources requires the permission of affected communities.

Sherbrooke’s Liberal candidate also insists the rules for the transportation of hazardous materials must be reinforced.

2. In what way does the Liberal Party of Canada represent the best option to ensure our intellectuals can make a living from their valuable work?
It was inspiring to find out that Tom Allen believes in the Liberal Arts, going so far as to call such education what “allows people to create themselves.” Mr. Allen is very sensitive to the problem of underfunding in post-secondary education, and was able to discuss at length the consequences of this underfunding on students’ access to their educators. He denies that universities are particularly poorly-managed, saying that whereas there is certainly “fluff” in that system, there is “fluff in every system.” Given the chance to speak to Mr. Couillard, Sherbrooke’s Liberal candidate says he would advocate for a reinvestment in education. Whereas he thinks this reinvestment should imply tuition increases, Mr. Allen notes that any such increase must be paired with a proportional enhancement of student loans.

Mr. Allen also stated a Liberal government would see to it that the CBC’s funding is restored to adequate levels.

3. How are the Liberal party’s economic policies viable, evidence-based solutions?
Throughout our conversation, Sherbrooke’s Liberal candidate continually stressed the importance of the middle-class as the driving force of the economy. Giving the middle-class more disposable income so as to encourage economic activity is the Liberal party’s top priority; to achieve this, they have planned a 2% tax reduction to the $40k-$90k bracket, a reduction for which the $400k+ bracket would have to compensate. A Liberal government would also consolidate existing childcare benefits into an improved, non-taxable program.

Tom Allen stated there are 27 000 post-secondary educated youths in the Sherbrooke area for whom the city does not have enough to offer. To remedy to this dearth of economic opportunities, a Liberal government would favour closer partnerships with provincial and municipal levels in order to improve infrastructures through long-term financing. These partnerships might manifest as grants programs, such as funding for small businesses, and also as support for technologically innovative enterprises within larger entities (such as Sherbrooke’s universities).

Mr. Allen believes the Sherbrooke airport should receive more attention, improving its installations for a higher class of certification (to accommodate more traffic and larger planes). A Liberal government would also encourage reinvestment in social housing, as well as social programs benefitting Sherbrooke’s underemployed immigrant population.

4. Other subjects of interest
Mr. Allen went to great lengths to emphasize the importance of consultation within the Liberal party’s philosophy of governance. In one of his rare moments of harshness towards his competitors, he expressed frustration at Harper’s refusal to sit down with the premiers.

I was surprised to find out the Liberal party’s policy-making process takes the form of local committees coming up with projects, often in consultation with experts, before forwarding their recommendations to the party leadership. Having never really given any thought to this process, I had always assumed the prevailing paradigm in federal policy-making to be top-down. Asked about how differences are resolved at the federal level, Mr. Allen preferred not to offer an answer, candidly admitting that having not been involved in these stages of the process, it was not his place to discuss them.

At one point in our conversation, Mr. Allen asked me if I considered post-secondary education to be a right or a privilege. Mr. Allen believes that whereas governments have a duty to ensure the best possible conditions for higher education, students should nevertheless take more financial responsibility for their academic success.

5. Concluding remarks
I am in disagreement with Mr. Allen with regards to environmental issues insofar as I do not think a balance must be struck between economic development and respect for our planet; indeed, I do not believe such a balance is possible. As mentioned in my letter, the IMF has already determined fossil fuel to be an economic dead-end. It is not enough to reduce emissions or to re-allocate the oil industry’s subsidies; it is shocking that none of the major parties have suggested we stop all such emissions – and cancel all such subsidies. There is no such thing as the sustainable use of fossil fuel.

Moreover, I wish I had the presence of mind to point out that the question of whether education is a right or a privilege is potentially misleading. Education is a civilizational project. Our technologically- and economically-sophisticated societies have passed the stage where the majority of their citizens must work to produce the goods and provide the services needed for high standards of living. This is not a contentious communist hypothesis; it is a simple demographic fact. It has been some time since our economic systems have had much to do with the means of production; the link between capital and work is now an exceedingly tenuous one. Our current potential for labour, having been increased substantially by automation, vastly exceeds our needs. In other words: low standards of living in technologically-advanced societies are wholly attributable to economic disorganization, something which should have a political solution. Once we will have rescued large sections of the population from the constraints of labour under plutocratic systems (as is already the case for our more privileged fellow citizens), education will have to be envisaged as the most viable alternative to conventional work – i.e. the activity which is most likely to foster humanitarian values through the advancement of science and the arts. At its best, education is an end itself – not the means to future employment in the corporate world.

Though I have no doubt Mr. Allen is a well-meaning and capable man, earnestly dedicated to the improvement of his fellow Canadians’ standards of living, my conversation with him has not given me any cause to reconsider my conviction that our economic systems are not likely solutions to (and much more likely the cause of) the problems of environmental degradation and poverty. It is possible an exit from both the oil paradigm and conventional capitalism is a bit much to ask from the Liberal Party of Canada, but it is nevertheless what I feel is necessary.

Friday, August 14, 2015

Ma correspondance avec les candidats aux élections fédérales dans ma circonscription, première partie


Si vous vivez au Canada, vous devriez être au moins vaguement conscient du fait que des élections fédérales ont été déclenchées. Afin d'éduquer mes concitoyens (et moi-même!) j'ai pensé qu'il serait intéressant d'écrire aux candidats dans ma circonscription et de partager leurs réponses sur ce blaugue.

Il y a, au meilleur de ma connaissance, quatre candidats dans la circonscription de Sherbrooke: Pierre-Luc Dusseault, représentant le NPDCaroline Bouchard, candidate pour le Bloc QuébecoisTom Allen, représentant les Libéraux; et Marc Dauphin, candidat conservateur. Il semble que le Parti Vert n'a pas encore annoncé de candidat dans ma circonscription.

J'ai essayé de contacter messieurs Dusseault et Dauphin via le formulaire affiché sur leurs sites respectifs (ici et ici). Malheureusement, je ne suis pas parvenu à faire marcher le formulaire de M. Dauphin correctement; je devrai donc essayer de le contacter par des moyens plus conventionnels (eurk). Félicitations à M. Allen pour avoir rendu publique une adresse courriel sur son site; c'est de loin mon médium de communication préféré. Au moment d'écrire cet article, Mme. Bouchard n'avait pas de site; je vais tenter de rentrer en contact avec elle aussitôt que ses informations seront mises en ligne sur la liste officielle des candidats du Bloc.

Or donc: voici la lettre que j'ai écrite -- en français et en anglais. Elle s'intitule « Questions d'un citoyen inquiet ».

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Cher candidat,

Plutôt que de dépendre entièrement des médias pour me faire une idée de l’actuelle campagne électorale fédérale, j’ai décidé de m’adresser directement aux candidats concernant les enjeux qui me tiennent à cœur. Je comprends que vous êtes probablement trop occupé pour répondre personnellement aux courriels de tous vos concitoyens anxieux; pour que le jeu en vaille la chandelle, je m’engage à diffuser les fruits de notre échange, avec un minimum de commentaires éditoriaux, sur les réseaux sociaux que je fréquente (Facebook, Twitter et Reddit).

Comme je suis l’oncle de quatre merveilleux enfants, je m’inquiète pour leur avenir. Je suis extrêmement préoccupé par l’état de l’environnement. Vous êtes peut-être au courant que selon le Global Footprint Network, la planète aurait déjà dépassé le maximum acceptable des émissions carbones pour 2015. Malgré les réserves émises par le Fond Monétaire International concernant ce genre de pratiques, le Canada finance très activement l’industrie des carburants fossiles, principal responsable des émissions de GES. Compte tenu de cet état des choses, pourriez-vous m’expliquer en quoi votre parti constitue l’option la plus avantageuse pour le développement durable?

Je suis étudiant des cycles supérieurs à l’Université de Sherbrooke dans une faculté qui s’apprête à fermer. Je constate depuis plusieurs années déjà les conséquences graves du sous-financement des institutions d’enseignement post-secondaire au Québec. Ma collaboration avec des chercheurs d’autres universités canadiennes ne me donne aucune raison de croire que la situation soit beaucoup moins alarmante ailleurs au pays. Je comprends que l’éducation est un domaine provincial; cela dit, j’aimerais savoir en quoi votre parti représente la meilleure option pour que le travail des intellectuels soit encouragé et rémunéré à sa juste valeur.

Enfin, comme je devrais prochainement obtenir mon diplôme, je suis très inquiet de la stagnation du marché de l’emploi. Je suis particulièrement préoccupé par les domaines de l’éducation et de la culture, deux secteurs qui accusent un recul considérable. Pourriez-vous m’expliquer en quoi les politiques économiques de votre parti constituent des solutions viables élaborées à partir de données factuelles?

Sincères salutations,
Etienne Domingue

My correspondence with Sherbrooke's federal election candidates, part I


If you live in Canada, you should be at least vaguely aware that elections have been called for October 19th. In the interest of educating the public (and myself!) I thought I should write to my local candidates and post their responses on this blagh.

As far as I am aware, four people are running in the Sherbrooke riding: incumbent Pierre-Luc Dusseault for the NDPCaroline Bouchard for the Bloc QuébecoisTom Allen for the Liberals and Marc Dauphin for the Conservatives. It appears as though the Green Party has not yet announced a candidate for my riding.

I've tried contacting Messrs. Dusseault and Dauphin via the contact form on their respective websites (here and here); unfortunately, I couldn't get Mr. Dauphin's form to work so I may have to communicate with him through -- shudder -- conventional means. Kudos to Mr. Allen for listing an e-mail address on his site -- e-mail is by far my preferred form of correspondence. At the moment of writing this post, Ms.Caroline Bouchard does not have a website; I will try to get in touch with her as soon as her contact information is made public on the Bloc Québecois' official roster.

And so: this is the letter I sent -- in both French and English. It is entitled "Questions d'un citoyen inquiet" (Questions from a worried citizen):

Dear candidate,

Instead of relying solely on media to make up my mind about the present electoral campaign, I have decided to communicate directly with candidates regarding the issues about which I feel the most strongly. I understand you are probably too busy to engage in correspondence with every concerned citizen; in order to make this exchange worth your time, I promise to share it on all the social media I use (Facebook, Twitter, Reddit).

As the uncle of four wonderful children, I am very worried about their future. I am extremely preoccupied with the state of our environment. Perhaps you have heard that according to the Global Footprint Network, our planet may have already passed the maximum acceptable threshold for carbon emissions for 2015. Despite the misgivings of the International Monetary Fund regarding such practices, Canada is still actively subsidizing the fossil fuel industry, the main cause of GHG. Considering this state of things, can you explain in what way your party constitutes the most advantageous option for sustainable development?

I am a graduate student at Université de Sherbrooke in a faculty which is about to close. For many years, I have observed first-hand the dire consequences of underfunding post-secondary education in Québec. My collaboration with academics from other Canadian universities has not given me any reason to believe the situation is much less alarming in the rest of Canada. I understand education is a provincial jurisdiction; be that as it may, I would like to know in what way your party represents the best option to ensure our intellectuals can make a living from their valuable work.

I should graduate soon; I am consequently very worried about the sluggishness of the Canadian job market. I am particularly concerned that employment in the fields of culture and education are regressing significantly. Can you explain how your party’s economic policies constitute viable, evidence-based solutions?

Warmest regards,
Etienne Domingue

Friday, April 24, 2015

April 2015 Workshops, Conferences, etc.


Last Saturday, I was invited to give a two-hour Creative Writing workshop to a small group of BCS students; I even prepared a handy handout featuring a variety of writing exercises for the occasion. The contents of the workshop were inspired by Northrop Frye's archetypal criticism, which I tried to make more accessible by avoiding as much of the scholarly jargon as possible. All things considered, I think it went relatively well. 

Yesterday I gave a talk at Université de Sherbrooke's fourth annual Conference on Contemporary Religion, in which I used Frye's Anatomy of Criticism to call attention to the reificatory tendencies of structuralist concepts of myth in the works of Carl Jung, Mircea Eliade, and Joseph Campbell. I also attended a number of talks, including a fascinating discussion of a study of secular magical objects.

A few days ago, Sacred and Sequential published an interview with Sordid City Blues author Charles S. Snow. I get credited for the interview, an honour which I feel is somewhat undeserved. My contribution to the piece was rather limited to writing the questions: in all honesty, it was Mr. Snow -- and Sacred and Sequential's editor A. David Lewis -- who did most of the work.

Monday, April 20, 2015

Will Christian hipsterpreneurs save capitalism? (The answer may shock you.)


Patheos is a strange, cacophonous place where odd ducks flock together, like a religious equivalent of BuzzFeed. Such circumstances often create fascinating spectacle.

One of Patheos' contributors, the Institute for Faith, Work & Economics, recently produced this piece on millenials, culture and capitalism, trying to underline alleged contradictions, seemingly in an effort to reconcile American youth with the Protestant work ethic.

I contend that it makes little sense to point out contradictions when considering phenomena which do not lend themselves to anything approaching an unbiased, unified interpretation. The expectation that social movements – let alone generations – are (or should be) ideologically or theologically coherent strikes me as misguided. Our irreducibly complex societal dynamics cannot be appropriately apprehended by such a naïve epistemology. The search for reductive coherence is especially problematic in a technologically-advanced secular context which allows for multiple non-congruent axiologies.

It is certainly not clear to me that there is any meaningful comparison to be drawn between the hipsters' ethos of Bourdieuan cultural capitalism (Christian or otherwise) and the charitable activities of million-dollar corporations. One might even suggest such practices are antithetical.

I could say that insofar as sophistication is understood to supersede conventional notions of capital/profit in the millenial ethic of consumerism, millenial ideology/theology does not actually redeem capitalism – certainly not integrally, at any rate. I could say that, but I would prefer not to express myself one way or another on the subject; doing so would mean venturing into the rarefied realm of sheer speculation. Judgments derived from unstructured observation and second-hand data are too much like foregone conclusions; I believe our intuitions deserve to be subjected to much more rigorous empirical testing.